Appel de 1990 à la jeunesse orthodoxe russe

#Degré 1 , #Russie , #Prière

Primo-Hiérarque de ROCOR (Russian Orthodox Church Outside Russia), Métropolite Vitaly. Appel à la jeunesse russe.

Le métropolite Vitaly (Oustinov, 1910-2006) s'adresse aux jeunes en Russie avec un sermon sur la prière sincère. Année 1990.

Après cette vidéo, vous trouverez la traduction de cet appel… il est adressé à la jeunesse orthodoxe russe, mais tout à fait applicable à jeunesse orthodoxe d’une manière générale. Ce n’est pas un discours préparé et écrit, mais une évocation avec beaucoup de spontanéité.

Au nom du Père et du Fils et de Saint Esprit !

J’adresse ma parole à tous les jeunes hommes et jeunes filles qui se trouvent dispersés dans les grands espaces de notre patrie – la Russie.

Une fois, je me suis déjà adressé à vous par écrit, et maintenant il y a une année qui est passée. 

J’ai reçu beaucoup de lettres – de la jeunesse qui est en train de faire des études supérieures, mais également des jeunes diplômés, ingénieurs de docteurs de toutes parts de la Russie.

Et je veux leurs répondre à leur voix commune, des choses en commun que j’ai vu dans leurs lettres. Majoritairement, ils se plaignent de cet état dans lequel se trouve la Russie actuellement. Ils relèvent la grossièreté partout dans la société, ainsi que l’intolérance et même la cruauté dans les relations entre les personnes ; également, le manque de charité.

J’ai déjà répondu à plusieurs personnes dans les lettres privées, mais répondre à tout le monde est une chose absolument au-delà de mes forces. Et maintenant MosKinoFilm me donne aimablement la possibilité de vous parler via l’écran pour répondre à toutes vos innombrables lettres. 

Bien sûr, vous avez développé votre intelligence par les études et la lecture, et vous voulez grimper dans l’échelle sociale, avec le titre de professeur, d’ingénieur ou de docteur. De cette manière, vous avez développé vos capacités mentales. 

Mais vous devez savoir que l’âme humaine dispose de trois forces principales : la force de l’intelligence, la force des sentiments et la force de la volonté. Et je voudrais répondre à toutes ces lettres par une proposition de mettre au même niveau ces trois forces. Vous avez développé vos capacités de l’intelligence et maintenant l’objectif qui se pose devant vous est de nature spirituelle : développer votre force du cœur. 

J’aimerais maintenant lire le début de discours de notre grand chef militaire – Alexandre Souvorov ; un homme, sans doute juste et pieux et que l’on peut mettre dans la même lignée avec Saint Alexandre Nievsky et saint Dimitri Donskoy. 

Voici cette parole, adressée aux soldats, mais elle est applicable (dans son enseignement spirituel) absolument à nous tous : 

« Les héros merveilleux, vous qui êtes la tranquillité, les fondations et la gloire de la Patrie, – Dieu est avec nous. Prie Dieu, car la victoire vient de Lui. Mais également, fais ces prières : « Très-sainte Enfantrice de Dieu, Vierge Marie, sauve-nous ! Saint évêque père Nicolas, prie Dieu pour nous ! » Sans avoir prié de cette façon, ne prends pas ton arme, n’arme pas ton fusil, et ne commence rien. Chaque affaire se doit de commencer avec la bénédiction de Dieu. Jusqu’au ton dernier souffle sois fidèle à ton Souverain et à ta Patrie. Evite le luxe, l’oisiveté et l’avidité. Cherche la gloire par la vérité et la vertu. Renforce ton esprit dans la foi de saints pères, la foi orthodoxe. 

Essayer d’enseigner à l’armée des incroyants, c’est comme essayer d’aiguiser le fer sur-brulé. Comme un arbre sans racines est le respect du pouvoir terrestre sans le respect du pouvoir de Dieu. D’abord, il faut honorer le Ciel, et ce n’est qu’après – la terre. 

Aime la vraie gloire : fait la distinction entre l’ambition noble et l’arrogance pétrie d’orgueil. Apprends par avance à pardonner les fautes des autres, mais sois intransigeant avec toi-même. Sois victorieux sur toi-même, et tu seras invincible ! »

Ceci est le testament du grand et talentueux chef de l’armée russe, « généralissime » de son titre militaire, mais dans le testament de cet homme juste on peut y voir le testament à tout le peuple russe, et non uniquement à l’armée russe.

Maintenant, je reviens à ma pensée : il est de votre devoir de développer votre force du cœur.

Le cœur n’est pas une simple pompe qui fait circuler le sang. Spirituellement, c’est un organe très important. Dans le corps humain c’est le trône de la force spirituelle et des sentiments. Et ce sentiment spirituel – il faut savoir le développer.

Pour développer ce sentiment, il faut uniquement recourir à la prière. Car la prière purifiera notre cœur, le cœur qui est occupé (presque chez tout le monde) par des forces étrangères – force des passions, convoitises, par exemple – gloutonnerie, ivrognerie… tout ce que vous voulez, toutes les passions.

Et avant d’utiliser la force du cœur, il faut purifier ce cœur !

Et c’est pour cela que je m’adresse à vous, jeunes hommes et demoiselles de Russie, ainsi qu’à ceux qui ont encore gardé la jeunesse du cœur, et la fraîcheur de leur intelligence ; je m’adresse à vous avec un très grand appel : faites très attention à votre force de cœur. 

Si on ne fait pas attention à son cœur, on peut être un très grand scientifique, mais en même temps, lubrique et même voleur. Car la Sainte Ecriture dit précisément cela : « Du cœur en effet proviennent intentions mauvaises, meurtres, adultères, inconduites sexuelles, vols, faux témoignages, blasphèmes. » (Matthieu 15:19).

Lorsque le cœur ne remplit pas par sa force la pensée, la pensée n’a aucun pouvoir et ne peut se réaliser.

C’est pour cela que l’Eglise insiste et dit : « Crée en moi un cœur pur, ô Dieu, et un esprit droit renouvelle à l’intérieur de moi. » (Psaume 50). Cette prière est constamment répétée lors des offices orthodoxes. 

Ainsi, nous sommes devant cette tâche qui est grandiose. 

Nous priions tous pour la Russie, nous voulons tous la résurrection de la Russie, mais qu’est-ce que la Russie ? C’est donc moi, nous, vous, individuellement et chacun de nous.

Dans quel état Seigneur Dieu voit le peuple russe, quand des personnes prient pour le salut de la Russie, mais cette même Russie s’est embourbée dans le péché, s’est remplie de vices et de perversités ? À qui donner le salut ? C’est une tragédie.

Alors, commençons chacun par soi-même : purifions notre cœur et apprenons-le à prier.

La prière n’est pas un passe-temps sentimental ou émotionnel.

C’est une science des sciences. C’est un grand travail, immense exploit.

Commencez seulement prier pour de vrai, et vous vous rendrez compte par vous-mêmes.

Il est si difficile de prononcer dix mots de prière, sans que notre esprit ne se détache du sens de la prière, et ne parte pas en promenade dans les rues de la ville, ou d’autres types de dissipation.

C’est un premier obstacle, et il y en a beaucoup. Il nous faut traverser (en combattant) d’innombrables murs qui nous séparent du Seigneur, Qui nous écoute toujours et nous observe chaque seconde de notre vie.

Il faut demander Dieu, pour qu’Il touche notre cœur afin que le cœur s’ouvre et rentre dans les paroles de la prière. À partir de ce moment, vous priez véritablement.

Car dans le cœur réside toute la personnalité, toute la concentration de toutes les forces de la personnalité humaine.

Ô combien nous connaissons des gens très intelligents et très instruits, mais froids comme des grenouilles, comme des serpents. Pourquoi ? Leurs cœurs se tait, leurs cœurs est de pierre. 

Voici devant quelle tâche je vous positionne tous.

Mais lorsque vous, même pour une durée d’une minute, réussissez de prier avec le cœur – alors vous aller ressentir ce qui est la vraie prière.

Vous n’oublierez jamais cet instant. Jamais !

Vous allez vouloir de retourner (de nouveau et de nouveau) vers cet instant, ce moment de plus grande béatitude de toute votre vie, car sentez que vous priez en vérité et que le Seigneur vous entend.


Information complémentaire, ajouté par le traducteur : À une époque où les troupes n’étaient que chair à canon aux yeux de leur hiérarchie, le généralissime Alexandre Souvorov (1730 - 1800) intrigua ses contemporains par son souci constant d’assurer le bien-être (physique, psychique et spirituel) de ses soldats, leur éducation et leur formation, qu’il résuma dans son « Art de vaincre ». Pour Souvorov, le facteur essentiel de la guerre reste l’homme. C’est la valeur morale du combattant, sa volonté de vaincre qui, avant tout, assure la victoire. « Le véritable héroïsme des troupes ne peut être suscité que par une cause élevée, sacrée », proclame-t-il.